Rassemblement pour Limoges

Discours de soutien aux communes et aux élus de la République

Mesdames, Messieurs,
Ce qui s’est passé ce samedi est grave.
Assez grave pour que nous, élus locaux, répondions à l’appel lancé par l’Association des maires de France, par la voix de son président, David Lisnard.
Cet appel, vous l’avez entendu, puisque vous êtes ici aujourd’hui.
La colère s’est exprimée ce samedi. Cette colère, ces colères même, sont légitimes.
Mais rien. Rien ne saurait justifier les violences auxquelles nous avons assisté.
Rien ne justifie, la destruction de commerces, le pillage, la destruction de batiment privée ou publique.
Pas à Nancy, pas à Reims, pas à Troyes, pas à Lyon, où l’office de tourisme a été incendié. Et bien sûr, pas à Limoges, où l’hôtel de ville, patrimoine historique appartenant à tous les citoyens, a été détruit par les flammes.
Certains voudront légitimer, excuser, expliquer, d’autres les récupérer pour servir leur propre doctrine politique.
Nous refusons que la violence devienne un moyen d’expression. Nous refusons qu’elle devienne une réponse acceptable à la colère.
Car une mairie, ce n’est pas simplement un bâtiment.
Une mairie, c’est le lieu où l’on se marie, où l’on déclare la naissance de ses enfants, où l’on vient accomplir ses démarches personnelles.
C’est le lieu où l’on rencontre ses élus, où l’on cherche des réponses, où se construit l’avenir de notre commune.
Une mairie, c’est le service public de proximité. Une mairie, c’est notre bien commun. Une mairie, c’est la République.
Que l’on soit d’accord ou non avec les décisions prises, que l’on approuve ou non les orientations choisies, rien ne justifie de s’en prendre à celles et ceux qui
servent l’intérêt général.
Il faut que cette violence cesse.
La violence envers les élus, d’abord par les mots, sur les réseaux sociaux notamment, où l’insulte, la diffamation est trop souvent facile, parfois dissimulée derrière une conception dévoyée de la liberté d’expression.
La violence envers les élus par les actes, aussi. Parfois, trop souvent.
Et aujourd’hui, par la destruction matérielle de nos institutions.
Car s’attaquer à une mairie, ce n’est pas seulement s’attaquer à des murs. C’est s’attaquer à un lieu de dialogue, de proximité et de démocratie.
C’est s’attaquer à la République elle-même.
Aujourd’hui, si nous sommes réunis, c’est pour dire : ça suffit !
Nous voulons que la liberté de manifester soit garantie. Elle est un droit fondamental de notre démocratie.
Mais nous voulons aussi que cette liberté ne soit jamais détournée par la haine ou par la division.
La colère peut s’exprimer. Elle doit pouvoir s’exprimer.
Mais elle ne doit jamais servir de prétexte à la violence, à l’intimidation ou à la destruction.
Aujourd’hui, nous voulons adresser un message clair au maire de Limoges, à ses conseillers municipaux, aux agents de la ville et à tous ceux qui ont vécu ces événements.
Nous pensons notamment aux policiers municipaux qui se sont retrouvés retranchés dans l’hôtel de ville, tentant de faire face à cette situation et d’empêcher vainement que le pire ne se produise.
À vous tous, nous voulons dire : vous n’êtes pas seuls.
La solidarité entre les communes n’est pas un vain mot. Elle se manifeste aujourd’hui par notre présence, ici, devant notre mairie.
Je veux également exprimer notre soutien le plus entier et le plus sincère à toutes celles et ceux qui assurent notre sécurité et portent secours à nos concitoyens : les policiers nationaux, les gendarmes, les policiers municipaux, les sapeurs-pompiers et les personnels hospitaliers.
Aujourd’hui, nous sommes debout.
Debout devant notre mairie.
Debout pour nos communes.
Debout pour nos élus et nos agents publics.
Debout pour défendre les valeurs qui nous rassemblent, au-delà de nos différences et de nos opinions.
Parce que nos communes sont le cœur vivant de notre démocratie. Parce que nos mairies sont les maisons de la République. Parce que la violence ne doit jamais l’emporter sur le dialogue.
Aujourd’hui, nous sommes debout. Et nous le resterons.
Ensemble, nous continuerons à servir nos concitoyens, à faire vivre nos communes et à défendre notre République.
VIVE NOS COMMUNES !
VIVE LA RÉPUBLIQUE !
ET VIVE LA FRANCE !